Pendant la vie active, la logique financière est souvent tournée vers l'accumulation. On épargne, on cotise, on investit et on cherche à faire croître le patrimoine. À la retraite, la logique change : il faut transformer ce patrimoine en revenus utilisables.
C'est là que l'ordre de décaissement devient important. Retirer d'un compte plutôt qu'un autre peut influencer le revenu imposable, la souplesse financière, les prestations, le conjoint, la succession et la durée du patrimoine.
Pourquoi il n'existe pas d'ordre parfait
On aimerait parfois une réponse simple : utiliser tel compte en premier, puis tel autre, puis terminer avec le reste. Mais le décaissement ne fonctionne pas toujours ainsi.
Deux personnes peuvent avoir les mêmes comptes et pourtant avoir besoin d'une approche différente. L'âge, les revenus garantis, le conjoint, la fiscalité, la santé, le niveau de vie, les projets et les objectifs successoraux peuvent changer la réflexion.
Le CELI : une source de souplesse
Le CELI est souvent précieux à la retraite parce que ses retraits ne sont généralement pas imposables. Il peut donc servir à financer un projet, un imprévu ou une année où les autres revenus imposables sont déjà élevés.
Cela ne signifie pas qu'il faut toujours garder le CELI pour la fin. Dans certaines situations, l'utiliser peut avoir du sens. Dans d'autres, le préserver peut offrir une marge de manoeuvre importante plus tard.
Le REER : penser avant l'échéance
Le REER est souvent associé à l'accumulation. Mais à la retraite, il devient une future source de revenu imposable. Attendre automatiquement sa conversion en FERR peut parfois concentrer une partie importante du revenu imposable plus tard.
Dans certaines situations, des retraits graduels du REER avant la conversion peuvent mériter d'être analysés. Ce n'est toutefois pas une règle générale. L'important est de comprendre l'effet sur le revenu total de l'année et sur les années suivantes.
Le FERR : intégrer les retraits minimums
Le FERR vient avec des retraits minimums. Ces retraits s'ajoutent généralement au revenu imposable, même si la personne n'a pas besoin de tout ce montant pour vivre.
C'est pourquoi le FERR devrait être intégré dans une projection plus large. Le montant obligatoire, le revenu souhaité et l'impact fiscal ne sont pas toujours la même chose.
Les comptes non enregistrés : ne pas les oublier
Les placements non enregistrés peuvent générer des intérêts, des dividendes ou des gains en capital. Chaque type de revenu peut avoir un traitement fiscal différent.
Ces comptes peuvent offrir de la souplesse, mais ils doivent être regardés avec le reste du portrait. Les utiliser trop rapidement ou trop tard peut avoir des conséquences différentes selon la situation.
Les facteurs à regarder avant de choisir l'ordre
- le revenu nécessaire pour maintenir le rythme de vie souhaité;
- les revenus garantis ou prévisibles, comme les rentes publiques ou un régime d'employeur;
- l'âge et le moment prévu de conversion du REER en FERR;
- le niveau de revenus imposables dans l'année;
- la présence d'un conjoint et la coordination des deux situations;
- les besoins de liquidités pour les projets, les imprévus ou la santé;
- les objectifs de transmission ou de succession;
- la tolérance au risque et la réaction possible aux marchés.
Une bonne stratégie se révise
L'ordre de décaissement ne devrait pas être figé une fois pour toutes. Les marchés changent, les dépenses évoluent, la fiscalité peut être modifiée et les priorités personnelles peuvent se transformer.
Une approche utile est donc une approche révisable. Elle permet de comprendre les grandes orientations, tout en gardant assez de souplesse pour s'adapter.
Comprendre avant de décider
La vraie question n'est pas seulement : quel compte utiliser en premier ? La question plus complète est : quelle combinaison de retraits soutient le mieux la qualité de vie, la fiscalité, la sécurité, la souplesse et les objectifs familiaux ?
Le décaissement n'est pas une recette. C'est une série de décisions reliées entre elles. Et les meilleures décisions sont généralement celles que l'on comprend pleinement.